L’argent de Jacquet, 60 millions de livres, reste inutilisé alors que l’attaque rennaise s’éteint : un mercato hivernal axé sur le profit plutôt que sur l’ambition ?

L’argent de Jacquet, 60 millions de livres, reste inutilisé alors que l’attaque rennaise s’éteint : un mercato hivernal axé sur le profit plutôt que sur l’ambition ?

Le fait marquant du mercato hivernal de janvier 2026 n’a pas été l’arrivée d’un joueur sur le terrain, mais un transfert futur qui se profile à l’horizon. Le dernier jour du mercato, Jérémy Jacquet a passé sa visite médicale pour son transfert à Liverpool, mais les 65 millions d’euros de son indemnité de transfert resteront en suspens dans les comptes du Stade Rennais jusqu’à l’été. Pour un club en lice pour une qualification européenne, cette opération a suscité un débat : coup de maître ou sacrifice à court terme de la saison présente au profit d’un profit futur ?

Un gros transfert qui ne rapporte rien aujourd’hui

Les chiffres sont astronomiques. Liverpool s’est assuré les services de son futur pilier défensif pour un montant initial de 55 millions de livres, pouvant atteindre 60 millions de livres avec des bonus potentiels. Chelsea, qui était en tête de liste, a proposé des conditions identiques, mais a finalement été devancé par le choix du joueur de rejoindre Anfield. Les idoles footballistiques de Jacquet, les défenseurs de Liverpool Virgil van Dijk et Ibrahima Konaté, constituaient un atout majeur.

Pour Rennes, cet accord était non négociable. Propriété du milliardaire français François-Henri Pinault, le club est financièrement suffisamment solide pour ne vendre qu’à des conditions idéales. Ces conditions idéales impliquaient de conserver leur joueur vedette jusqu’en juillet, une clause que Liverpool a acceptée. L’entraîneur Habib Beye avait été clair sur l’enjeu : « Si nous le laissons partir cette saison, nous devrons revoir nos objectifs à la baisse.»

Un hiver de dépenses modestes

Ce transfert reporté illustrait la prudence générale qui a caractérisé le mercato hivernal de la Premier League, avec des dépenses s’élevant à 397 millions de livres sterling – une somme considérable, certes, mais une fraction des 3,1 milliards de livres sterling dépensés l’été précédent. Seuls huit clubs de Premier League ont dépensé plus de 10 millions de livres sterling, tandis que des géants comme Arsenal, Liverpool et Manchester United n’ont rien dépensé du tout.

Transferts clés de Premier League – janvier 2026

· Manchester City : Antoine Semenyo (62,5 M£) et Marc Guehi (20 M£) – Total : 82 M£

· Crystal Palace : Jørgen Strand Larsen (43 M£) et Brennan Johnson – Total : 78 M£

· West Ham United : Taty Castellanos, Pablo et Adama Traoré – Total : 50 M£

· Stade Rennais (Ligue 1) : Vente de Jérémy Jacquet à Liverpool (55 M£ + 5 M£) – Total : 60 M£ (Reporté à l’été)

Le prix à payer pour Rennes : Un vide offensif

Le pari stratégique de Rennes est clair. Le club encaisse une somme colossale pour un joueur de 20 ans comptant moins de 50 apparitions en équipe première, mais ses ambitions sur le terrain s’en trouvent immédiatement compromises. Jacquet n’est pas un défenseur comme les autres ; Il est une étoile montante, saluée comme « un véritable espoir » par l’expert du football français Julien Laurens, qui compare son ascension à celle de William Saliba et Wesley Fofana.

Plus inquiétant encore, le mercato hivernal s’est clôturé sans que Rennes n’ait recruté de joueur offensif. Le club reste donc dépendant de son attaque, qui peine à marquer régulièrement cette saison. La direction a fait le pari que la présence de Jacquet en défense jusqu’en mai est plus précieuse que n’importe quel renfort offensif immédiat qu’ils auraient pu se procurer avec l’argent promis. Un pari qui pourrait bien déterminer leur saison.

Le marché dans son ensemble : une fuite des talents en France

L’approche de Rennes s’inscrit dans une tendance plus large et plus préoccupante du football français. La Ligue 1 exporte régulièrement des talents, générant plus de revenus grâce aux ventes qu’elle n’en dépense. Lors du précédent mercato hivernal, en 2025 par exemple, la Ligue 1 était en tête des cinq grands championnats en termes de recettes de transferts (270 millions d’euros) et a clôturé avec un solde net positif. Des clubs comme Rennes sont devenus experts dans la formation de joueurs et leur revente à prix d’or – un modèle indispensable dans un championnat qui ne peut rivaliser financièrement avec la Premier League.

Un pari sur l’instant présent

Alors que la saison entre dans sa phase décisive, la pression monte sur l’effectif rennais et son entraîneur, Habib Beye. Ils bénéficient du confort financier d’un transfert de 60 millions de livres sterling, mais pas de celui d’une attaque renforcée. La question que se posent les supporters est de savoir si le club a privilégié l’ambition financière au détriment de l’ambition sportive pour cette saison.

Si Rennes décroche une place européenne, cette décision sera saluée comme un coup de maître. Si leurs espoirs s’amenuisent, ce mercato hivernal restera dans les mémoires comme celui où ils ont vendu l’avenir sans acheter le présent. Pour l’instant, l’argent de Jacquet n’est qu’un chiffre sur un papier, tandis que sur le terrain, les buts sont devenus une denrée plus précieuse et plus difficile à obtenir.

Quelle est la priorité absolue pour un club comme Rennes : assurer son avenir financier à long terme grâce à des ventes importantes, ou concentrer toutes ses ressources sur un succès sportif immédiat ? Le fait que le contrat avec Jacquet soit différé modifie-t-il votre opinion quant à sa valeur pour le club ?

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*