TRAHISON À LA BEAUJOIRE : Les Ultras restent silencieux, les rêves de « Galactique » de Kita s’effondrent et Kantari est préparé à la sortie – Est-ce la fin du FC Nantes ou l’aube du « FC Kita » ?

TRAHISON À LA BEAUJOIRE : Les Ultras restent silencieux, les rêves de « Galactique » de Kita s’effondrent et Kantari est préparé à la sortie – Est-ce la fin du FC Nantes ou l’aube du « FC Kita » ?

Il existe un silence particulier, plus assourdissant que n’importe quelle chorégraphie, n’importe quel tifo, n’importe quel chant de 40 000 voix scandant « Qui ne saute pas n’est pas Nantais ». Ce silence s’est abattu sur La Beaujoire dimanche soir. Ce n’était pas le silence de la défaite. C’était le silence de la capitulation.

Les Ultras n’ont pas chanté. Ils n’ont pas protesté. Ils ont simplement regardé. Et dans cette inaction, ils ont prononcé le verdict le plus accablant de l’ère Waldemar Kita : ils ne croient plus que le FC Nantes leur appartienne.

Si les supporters ont déserté, si l’âme du club a quitté les lieux, que reste-t-il donc sur les bords de l’Erdre ?

L’ILLUSION DES GALACTICOS

Retour en août. Le camp Kita laissait transparaître de grandes ambitions. Après avoir flirté une fois de plus avec la relégation, après le maintien arraché de justesse en barrages face à Toulouse, le message était clair : cet été, on voit les choses en grand. Le mot « Galactiques » fusait dans les couloirs – peut-être pour plaisanter, peut-être pour brouiller les pistes. Mais la promesse était celle d’une évolution.

Au lieu de cela, nous avons eu droit à une campagne de recrutement digne des plus grands chaos.

Antoine Kombouaré, l’âme de la renaissance nantaise, l’homme qui a remporté une Coupe de France et redonné ses lettres de noblesse au banc de touche, a été limogé comme un stagiaire incompétent. À sa place ? Un quadragénaire sans la moindre expérience en Ligue 1, à qui l’on a offert un contrat de trois ans avant même d’avoir dirigé un seul match. Ce n’était pas une décision sportive. C’était un coup de pub des propriétaires.

Les « Galactiques » sont arrivés sous les traits de Sorba Thomas – un latéral incapable de défendre – et Nicolas Pallois a été exilé pour le crime d’être aimé. L’équipe est désormais un monstre de Frankenstein composé de joueurs prêtés, de rebuts d’agents et d’un directeur sportif portugais qui semble gérer le club à l’aide d’un tableur depuis Lisbonne.

KANTARI : LE BOUC ÉMISSAIRE EN CHEF

Mais la véritable tragédie qui se joue à La Jonelière est la destruction systématique d’Antoine Kombouaré 2.0 : Antoine Kombouaré, dans un autre costume.

Jocelyn Gourvennec était là pour faire l’impasse sur le poste. Un intérimaire à court terme, sans grand risque, pour stabiliser le navire. Mais quand le navire a recommencé à chavirer, Kita s’est tourné vers le seul homme qui ne pouvait pas dire non. Antoine Kombouaré est le fantôme qui hante les lieux, mais Antoine Kantari est le corps crucifié.

Kantari a été nommé non pas parce qu’il était prêt, mais parce qu’il était disposé à l’assumer. On le prépare à la sortie : on le met en situation d’échec, on le critique publiquement et on lui impose une stratégie que même Guardiola n’a pas pu sauver. Il sert de bouclier humain, encaissant les balles destinées à la direction. Quand il tombera – et il tombera –, Kita lèvera les mains et dira : « On a essayé le jeune projet. »

Non. Vous avez essayé un bouc émissaire.

LE SILENCE

Et pourtant, le silence persiste.

Les Ultras de Nantes ne sont pas passifs. Ils ont bloqué des autoroutes, lancé des fumigènes sur les terrains d’entraînement et chassé des présidents des stades. Leur silence n’est pas de la lassitude. C’est du nihilisme.

Ils comprennent ce qui se passe. Ce n’est pas un club mal géré. C’est un club méthodiquement vidé de sa substance. Le stade n’est plus une forteresse, mais une vitrine. Les joueurs ne sont plus des Canaris, mais des actifs. L’entraîneur n’est plus un leader, mais un intérimaire attendant le prochain sacrifice.

Kita a toujours été une figure controversée : cet homme d’affaires d’origine polonaise, installé en Suisse, arrivé en 2007 avec la promesse d’une ère nouvelle. Dix-huit ans plus tard, la promesse n’est plus que cendres. Le stade est vétuste, le centre d’entraînement est à la traîne par rapport aux clubs de Ligue 2, et le club survit grâce à l’adrénaline des parcours en coupe et à la naïveté des jeunes talents locaux.

Mais le silence actuel laisse penser que quelque chose a changé. Les supporters ne se battent plus contre la direction. Ils pleurent le club.

FC NANTES OU FC KITA ?

Voici la question existentielle qui plane désormais sur La Beaujoire comme le brouillard de la Loire :

Est-ce encore le FC Nantes ? Ou est-il devenu, discrètement, systématiquement, le FC Kita ?

Le FC Nantes, c’est José Arribas et le jeu à la nantaise. C’est Japhet N’Doram, Mickaël Landreau et Emiliano Sala. C’est huit titres de champion et une histoire qui force le respect. C’est une ville ouvrière qui vit pour le football, car elle n’a guère d’autre choix.

Le FC Kita, à l’inverse, est un family office. C’est une opération de démantèlement d’actifs déguisée en club de football. C’est un véritable carrousel d’entraîneurs, une plateforme pour les agents et une marque qui n’existe que pour être exploitée.

Le silence des Ultras est un aveu : la bataille pour l’âme du club est perdue. Ils ne protestent plus contre le régime ; ils attendent sa chute.

Et c’est le moment le plus dangereux pour tout propriétaire. Car lorsque les supporters cessent de se battre, c’est qu’ils ont déjà décidé que le club ne mérite plus d’être sauvé.

La question n’est plus de savoir si Kita va vendre. La question est de savoir si, lorsqu’il le fera enfin, il restera quelque chose à racheter.

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