BERNARD SERIN LÂCHE UNE TONNE : Tavenot déjà au bord du gouffre après seulement quelques semaines à la tête de l’équipe ?

BERNARD SERIN LÂCHE UNE TONNE : Tavenot déjà au bord du gouffre après seulement quelques semaines à la tête de l’équipe ?

Il y a un peu plus d’un mois, le président du FC Metz, Bernard Serin, a lâché une bombe qui a secoué le Stade Saint-Symphorien. Dans un rare élan de fermeté en cours de saison, Serin a frappé fort en limogeant Stéphane Le Mignan après un début de saison catastrophique en Ligue 1. La décision, annoncée le 20 janvier, était censée être un « sursaut », un coup de fouet soudain pour sortir le club de la dernière place du classement. Mais alors que nous sommes fin février, la question qui brûle toutes les lèvres des supporters grenat est de savoir si le « sauveur » est déjà au bord du précipice.

Lorsqu’il a pris sa décision, Serin a préféré confier les rênes à un visage familier plutôt qu’à des entraîneurs expérimentés comme Michel Der Zakarian et Pascal Dupraz. C’était un pari risqué, une sorte de « faire du neuf avec du vieux », misant sur un entraîneur qui connaissait bien le club mais traînait le lourd bagage d’un récent fiasco à Bastia. Maintenant que la lune de miel est bel et bien terminée, une question se pose : le coup de maître de Serin s’est-il retourné contre lui ? Tavenot est-il déjà au bord du gouffre ?

Le poids d’un passé trouble

Revenons au moment de sa nomination. Le raisonnement semblait judicieux au premier abord. Tavenot, 49 ans, était l’adjoint de confiance de Frédéric Antonetti lors de la honorable dixième place de Metz en 2020-2021. Il connaît les rouages ​​du club, il connaît la pression. Mais il connaît aussi l’échec intimement.

Serin savait pertinemment qu’il engageait un entraîneur qui venait d’être limogé sans ménagement par le SC Bastia en octobre 2025. Les chiffres sont accablants : avant son renvoi, Tavenot avait mené Bastia à la dernière place de la Ligue 2, avec sept défaites en onze matchs et aucune victoire. Il ne s’agissait pas d’un simple passage à vide, mais d’une véritable crise.

De plus, un problème majeur se pose : son tempérament. Metz a besoin de sang-froid pour gérer la pression de la lutte pour le maintien. Or, Tavenot arrive avec une suspension pour comportement violent – ​​un incident où il a attrapé un joueur de Pau – encore fraîche dans les mémoires. C’est le genre de comportement impulsif qui vaut à un entraîneur d’être renvoyé en tribune lorsque son équipe a le plus besoin de lui sur le banc de touche.

L’effet « nouvel entraîneur » qui n’a pas eu lieu

L’indicateur le plus inquiétant pour Serin et les supporters de Metz est ce qui ne s’est pas produit : le fameux « effet nouvel entraîneur ». Depuis sa prise de fonction, l’optimisme initial a laissé place à une angoisse familière. Si une analyse tactique complète nécessite l’étude de 90 minutes de jeu, les résultats obtenus jusqu’à présent sous la direction de Tavenot ne laissent guère penser qu’il ait corrigé les défauts rédhibitoires de l’équipe.

Le Mignan avait été limogé car Metz possédait la pire défense de Ligue 1, avec 40 buts encaissés. Le principal atout de Tavenot était censé être sa capacité à organiser une défense. À Bastia, lors de sa première saison, il affichait la quatrième meilleure défense de Ligue 2. Pourtant, sous sa houlette à Metz, les failles n’ont pas été colmatées. Plus grave encore, l’attaque n’a pas progressé pour compenser.

Tavenot a promis que ses joueurs « enfileraient leur casque et se lanceraient à l’attaque » lors des 16 matchs restants. Plusieurs semaines après sa prise de fonction, aucun plan cohérent ne se dessine. Les doutes qui ont hanté ses derniers mois en Corse – l’incapacité à transformer les matchs nuls en victoires, une approche stérile qui a vu Bastia enchaîner 15 nuls – semblent l’avoir suivi en Lorraine.

Un vestiaire et des supporters divisés ?

La position la plus périlleuse pour Tavenot est sans doute celle qu’il occupe actuellement : pris entre deux feux. L’agent cité lors de sa nomination laissait entendre que les joueurs avaient besoin de quelqu’un pour « clarifier les choses », Le Mignan étant perçu comme « distant ». Le « caractère » de Tavenot était censé fédérer le vestiaire.

Mais une équipe qui enchaîne les défaites depuis des mois est un écosystème fragile. Si les résultats ne sont pas au rendez-vous, la voix censée inspirer risque de vite se perdre dans les critiques. Les supporters, pessimistes dès le départ quant à un entraîneur qui vient d’échouer ailleurs, sont probablement déjà en train de se préparer à la critiquer. Lorsque les supporters se retournent contre une nomination jugée obsolète, l’atmosphère peut rapidement devenir explosive.

Le verdict : Le désastre se profile

Bernard Serin n’est pas un président réputé pour ses décisions impulsives. Il s’est accroché aussi longtemps que possible avec Le Mignan. Mais lorsqu’il a finalement pris sa décision, il a privilégié la continuité et le sentimentalisme plutôt qu’un spécialiste du maintien ayant fait ses preuves.

À chaque match qui passe et que Metz reste englué en bas du classement, cette décision ressemble moins à un coup de maître qu’à un acte de désespoir. Tavenot est arrivé au club avec le goût amer de l’échec à Bastia encore présent sur son costume. À moins d’un retournement de situation miraculeux dans les semaines à venir – à commencer par des victoires dans les matchs décisifs contre les rivaux directs – il ne sera pas seulement au bord du gouffre.

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*