« Ligue 1+ : une erreur stratégique » : le président de l’OGC Nice déplore la rupture avec Canal+

« Ligue 1+ : une erreur stratégique » : le président de l’OGC Nice déplore la rupture avec Canal+

La polémique autour des droits de diffusion du football français prend un nouveau tournant. Jean-Pierre Rivère, président de l’OGC Nice, a livré une analyse sans détour de la crise actuelle, admettant que le lancement de la chaîne Ligue 1+ était une erreur stratégique qui a aliéné Canal+, partenaire historique de la Ligue.

Dans une interview pour l’émission #GymTonic, Rivère n’a pas mâché ses mots pour critiquer les décisions prises par la LFP (Ligue de Football Professionnel). Ses propos interviennent alors que la plateforme dédiée de la LFP peine à trouver son public, après avoir récemment échoué à obtenir les droits de diffusion de la Coupe du Monde 2026 – un coup dur pour sa crédibilité et sa grille des programmes estivale.

« Canal+ était prêt à revenir dans la course »

Selon Rivère, la Ligue disposait d’une alternative viable au lancement de sa propre chaîne. Il affirme que Canal+, le géant de la télévision payante et diffuseur historique du football français, était prêt à reprendre les négociations. Cependant, ces discussions auraient été bloquées par Nicolas de Tavernost, figure influente du projet Ligue 1+.

« Je pense que Ligue 1+ est une erreur stratégique de notre part », a déclaré Rivère. « Canal+ était prêt à revenir. Nicolas de Tavernost a estimé que ce n’était pas la bonne solution. Il considérait que Ligue 1+ était la bonne solution… ».

Cette révélation suggère un profond désaccord stratégique au sommet de la hiérarchie des droits médias du football français.

Des relations tendues depuis des années

La détérioration des relations entre la LFP et Canal+ se préparait depuis des années. Les germes de la crise actuelle ont été semés en 2018 lorsque Canal+ s’est retrouvé bredouille lors d’une bataille d’enchères, avant d’assister peu après à la faillite retentissante de Mediapro. Si Canal+ a finalement repris son rôle de sous-licencié et de distributeur de beIN Sports, les relations sont restées tendues, marquées par des litiges juridiques et des querelles publiques concernant les prix.

Malgré ces tensions, les propos de Rivère indiquent que la porte n’était pas totalement fermée. Son affirmation selon laquelle Canal+ était « prêt à revenir dans la course » s’inscrit dans le contexte historique où le groupe s’est comporté en « bon payeur » durant la crise de Mediapro, attendant son heure pour corriger ce qu’il considérait comme un marché surchauffé.

L’impasse actuelle

La situation s’est depuis lors encore détériorée. Quelques semaines avant l’interview de Rivère, Maxime Saada, président de Canal+, a confirmé que le groupe n’était « absolument pas intéressé » par les droits de diffusion de la Ligue 1 dans un avenir proche. Saada a souligné que l’accord actuel – la distribution de DAZN et de beIN Sports aux abonnés – convenait parfaitement à l’entreprise et qu’il n’y avait « aucune raison d’investir davantage ».

Cette position place la LFP dans une situation délicate. Face aux difficultés financières de la Ligue 1+, à un manque à gagner de trois mois sur la facturation estivale et à une hausse imminente des prix pour les abonnements, l’« erreur stratégique » pointée du doigt par Rivère semble de plus en plus coûteuse.

À l’approche de la Coupe du Monde 2026, sans Ligue 1+ détenteur des droits de diffusion payante et avec le diffuseur historique relégué au second plan, le football français se trouve à la croisée des chemins. L’aveu franc de Rivère souligne un sentiment croissant parmi les présidents de clubs : la voie choisie a peut-être éloigné la Ligue d’un partenariat financier stable et l’a plongée dans une période d’incertitude prolongée.

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