LA CÔTE AZURIE EN LARMES : CHO, LE CŒUR BRISÉ, SON AVENIR SACRIFIÉ SUR L’AUTEL DE LA HONTE
Nice, France – 20 mars 2026
Il y a des moments dans le football qui transcendent la tactique, la forme du moment ou la quête de trophées. Des moments où le beau jeu révèle sa face la plus sombre. Aujourd’hui, nous vivons l’un de ces moments et, franchement, en tant que blogueur qui couvre ce sport depuis des années, j’ai du mal à trouver les mots. Mes mains tremblent en écrivant ces lignes.
Mohamed-Ali Cho – notre Maestro, notre Créateur – nous a en quelque sorte dit adieu.
Dans un communiqué publié ce matin sur ses réseaux sociaux, le meneur de jeu de 22 ans de l’OGC Nice n’a pas seulement exprimé sa frustration. Il s’est livré à cœur ouvert. Accablé par le poids du monde, il a annoncé qu’en raison des insultes racistes répétées dont il est la cible de la part d’une partie des supporters pour lesquels il se dévoue corps et âme, il cherchera à quitter l’Allianz Riviera lors du mercato estival de 2026.
Imaginez un peu.
Nous sommes en pleine saison 2025/2026. Une saison où Mohamed-Ali Cho a été tout simplement sublime. Véritable âme créative, véritable maître à jouer de cette équipe de l’OGC Nice, il a dribblé les défenseurs, ouvert des défenses et porté les espoirs de toute la ville sur ses épaules. Il n’est pas qu’un simple joueur ; il incarne ce projet. Il est jeune, il est français, il est noir et représente le cœur vibrant et diversifié de la Côte d’Azur.
Et nous l’avons laissé tomber.
Dans son message, que j’ai relu une dizaine de fois en espérant qu’il change, Cho a parlé d’un « mal récurrent ». Il a décrit en détail les cris de singe qui ont suivi ses exploits. Il a évoqué les commentaires odieux sur les réseaux sociaux après une occasion manquée, et les insultes proférées depuis les tribunes même après une performance de haut vol. Il a écrit : « Je suis venu ici pour tout donner pour ce maillot, pour ces couleurs. Mais j’ai compris que pour certains de ceux qui portent les mêmes couleurs, ma couleur de peau n’est pas la bonne pour être leur héros. »
J’ai le cœur brisé pour lui.
Nous, les fidèles supporters de l’OGC Nice, avons vu ce garçon grandir. Nous l’avons vu arriver avec une vitesse fulgurante. Nous l’avons vu s’épanouir et devenir un milieu de terrain complet, un créateur de rêves. Il a choisi Nice. Il aurait pu aller en Angleterre. Il aurait pu empocher l’argent ailleurs. Mais il est resté, croyant au projet, croyant à la culture.
Et comment l’avons-nous remercié ? Par le silence.
Car soyons clairs : tous les supporters ne sont pas comme ça. Je le sais. Vous le savez. Les ultras qui remplissent les tribunes de tifos et de passion le savent. Mais le silence de la majorité laisse le venin d’une minorité se propager. Nous sommes restés les bras croisés tandis qu’une minorité de lâches, cagoulés dans les tribunes, imitaient des cris de singe à l’encontre de notre joueur le plus talentueux. Nous espérions que cela se calmerait. Nous pensions que son talent le protégerait.
Il n’en fut rien.
Dans sa déclaration, Cho a été lucide. Il ne s’est pas contenté d’accuser ; il a déploré. Il a dit ne plus se sentir en sécurité pour emmener sa famille au stade. Il a évoqué l’épuisement de devoir être « fort » chaque jour, simplement pour exister. Il a affirmé clairement qu’il ne pouvait plus continuer à « faire des merveilles » pour un public qui permet à une faction de le traiter comme un animal.
C’est une accusation accablante.
Pour l’OGC Nice, c’est une catastrophe. On ne remplace pas un joueur comme Mohamed-Ali Cho. On ne comble pas un vide dans l’effectif quand le maître à jouer s’en va. On perd un symbole. On envoie un message à tous les jeunes joueurs noirs du centre de formation, à tous les espoirs qui envisagent de rejoindre le Sud de la France : votre talent est le bienvenu ici, mais votre dignité n’est pas garantie.
Nous sommes encore en pleine saison 2025/26. Il reste des matchs à jouer. La direction du club a publié un communiqué convenu condamnant le racisme et promettant de collaborer avec les autorités – le même communiqué que nous avons déjà lu cinquante fois. Mais il sonne creux. Il sonne creux parce que nous l’avons déjà entendu, et pourtant, le week-end suivant, les mêmes lâches reviennent, la sécurité ne fait rien, et les joueurs doivent encaisser le traumatisme.
Cho dit qu’il terminera la saison. Il dit qu’il le doit à ses coéquipiers et aux vrais supporters. Il continuera à porter le maillot et à essayer de nous mener à la gloire, sachant que dans quelques mois, il fera ses valises car le club qu’il considérait comme sa maison est devenu un champ de bataille.
Je suis en colère. J’ai le cœur brisé. Mais surtout, j’ai honte.
Nous sommes sur le point de perdre un talent générationnel, non pas parce qu’un club plus important est arrivé avec un meilleur salaire, mais parce que nous n’avons pas su le protéger des ténèbres qui régnaient en nous. Nous sommes sur le point de devenir l’exemple à ne pas suivre : le club qui a poussé sa propre star à partir par la haine.
Mohamed-Ali, si jamais tu lis ces lignes : je suis désolé. Les vrais supporters – ceux qui ont acclamé chacun de tes dribbles, qui ont chanté ton nom jusqu’à en perdre la voix – nous sommes anéantis. Nous avons essayé de les faire taire, mais nous n’avons pas réussi. Nous n’avons pas forcé le club à les exclure définitivement. Nous n’avons pas quitté le stade pour montrer que tu vaux plus que trois points.
Tu méritais mieux. Tu méritais d’être célébré, pas d’être stigmatisé.
À l’approche de l’été 2026, une ombre plane sur l’Allianz Rivier.

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