Le silence assourdissant : un coup dur qui change tout

Le silence assourdissant : un coup dur qui change tout

Il y a des moments, au cours d’une saison, où l’atmosphère se sclérose. Quand le bruit des tribunes, les discussions sur le tableau tactique et l’espoir du prochain match s’estompent pour ne laisser place qu’à un seul battement de cœur, une angoisse paralysante.

Nous venons de vivre ce moment.

Ces derniers jours, nous avons retenu notre souffle. Nous avons vu le tacle. Nous l’avons vu incapable de se relever. Nous avons vu son expression – une expression qui nous disait que ce n’était pas une simple bosse ou un bleu. Nous espérions le meilleur, nous priions pour un miracle et nous attendions les nouvelles qui nous permettraient enfin de souffler ou qui nous forceraient à affronter une dure réalité.

Ce matin, ces nouvelles sont arrivées. Et c’est un coup dur.

Paulo Fonseca a pris le micro aujourd’hui et, d’un ton grave, comme celui d’un homme qui a déjà annoncé des nouvelles difficiles – mais jamais comme celle-ci –, il a confirmé nos pires craintes.

Remi Himbert est parti.

Pendant les six à huit prochaines semaines, le jeune homme qui était le cœur et l’âme de notre milieu de terrain, le moteur de notre jeu, sera spectateur. Une grave blessure l’a écarté du onze de départ au moment même où nous commencions à construire quelque chose d’exceptionnel autour de son énergie.

« C’est triste pour lui, il est déçu, c’est difficile », a déclaré Fonseca, la voix empreinte d’émotion. « Je lui ai dit de se concentrer sur sa convalescence. »

Plus qu’un simple joueur

Soyons honnêtes un instant. Quand on entend « six à huit semaines », on a vite fait de réduire cela à un chiffre. Cela représente environ 12 à 16 matchs. Deux mois. Mais pour ceux d’entre nous qui suivent cette équipe, nous savons que c’est bien plus que cela.

Rémi Himbert n’est pas qu’un nom sur la feuille de match. Il est le cœur même de l’équipe. Il incarne le pressing incessant, le tacle parfaitement maîtrisé qui transforme la défense en attaque en un clin d’œil, le premier nom sur la feuille de match qui inspire confiance à tous les autres.

Les mots de Fonseca – « il est déçu, c’est difficile » – sonnent creux. Pour un joueur qui se donne à fond, qui se bat pour son équipe à chaque minute passée sur le terrain, être contraint de rester sur le banc est une véritable torture. Cela se voit à son langage corporel lorsqu’il joue ; c’est un joueur qui se nourrit de son élan. Se le voir arracher par un cruel coup du sort est brutal.

Une épreuve de caractère

Mais s’il y a un point positif dans la déclaration de Fonseca, c’est le conseil qu’il a donné : se concentrer sur sa convalescence.

C’est dans ces moments-là qu’un joueur se révèle. N’importe quel footballeur peut jouer lorsqu’il est en pleine forme. Les grands champions, ceux qui reviennent plus forts, sont ceux qui abordent ces deux prochains mois non comme un revers, mais comme une mission. Nous connaissons Rémi. Nous connaissons son état d’esprit. S’il y a bien une personne capable de transformer cette période d’absence en une période de progression, c’est lui.

Quant au reste de l’équipe ? C’est le moment pour eux de se montrer à la hauteur. Fonseca a désormais un casse-tête à résoudre. Les plans tactiques griffonnés au tableau blanc, qui plaçaient Himbert au centre, sont désormais bons pour la poubelle. Il est temps pour les remplaçants de devenir titulaires, pour les joueurs de l’effectif de devenir des leaders.

La suite

Ce sera étrange de ne pas le voir sur le terrain. Le stade semblera un peu plus silencieux sans sa présence. Pendant les six à huit prochaines semaines, nous verrons le temps s’égrener, attendant son retour.

Mais pour l’instant, tout ce que nous pouvons faire, c’est lui transmettre le message que Fonseca lui a déjà adressé.

Rémi, concentre-toi sur ta convalescence. Le combat sera toujours là à ton retour. Et nous aurons plus que jamais besoin de toi.

La saison n’est pas terminée. Mais pendant les deux prochains mois, nous devons trouver le moyen de gagner sans notre guerrier.

Rétablis-toi vite, Rémi. On compte les jours.

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