Rennes en ruines : Beye limogé, Valentin Rongier blessé et Haise arrive dans un climat de colère chez les supporters de « L’Enfer »

Rennes en ruines : Beye limogé, Valentin Rongier blessé et Haise arrive dans un climat de colère chez les supporters de « L’Enfer »

L’atmosphère du Roazhon Park, stade surnommé « L’Enfer » pour son ambiance intimidante, est saturée d’un nouveau genre de brasier. Celui-ci ne brûle pas de la ferveur des supporters, mais de la fumée âcre d’une crise. Le Stade Rennais, club aux grandes ambitions européennes et doté de l’un des budgets les plus confortables de Ligue 1, se trouve plongé dans un profond désarroi. En l’espace de 48 heures, le club a été secoué par le limogeage de son entraîneur, la grave blessure d’une recrue clé et l’arrivée d’un nouvel entraîneur qui suscite la grogne des supporters.

L’expérience Beye s’achève en cendres

Les premières secousses ont eu lieu lundi. Le club a annoncé le limogeage de l’entraîneur Julien Stéphan, une décision controversée, présentée comme une remise à zéro nécessaire après une série de résultats décevants. Pour le remplacer, le club a fait le choix audacieux, voire téméraire selon beaucoup, d’Habib Beye. L’ancien défenseur marseillais et consultant médiatique charismatique s’est vu confier son premier poste d’entraîneur principal en France, un projet fondé sur sa réputation d’esprit novateur et de qualités managériales.

L’expérience a duré moins de trois mois. Le passage de Beye à la tête de l’équipe, marqué par des tactiques chaotiques, des compositions d’équipe incompréhensibles et une perte flagrante de solidité défensive, a culminé avec une défaite catastrophique 4-1 à Brest. L’équipe semblait complètement perdue. Mercredi, le couperet est tombé. Beye a été limogé, son projet réduit à néant avant même d’avoir commencé. Cette décision a laissé le club non seulement sans entraîneur, mais aussi sans véritable direction sportive, plongeant l’encadrement technique et la direction dans le doute.

Coup dur : la saison de Rongier terminée

Alors que la recherche d’un nouvel entraîneur débutait dans la panique, un coup encore plus dur est tombé. Valentin Rongier, la recrue phare du milieu de terrain, arrivée de Marseille l’été dernier – un transfert record à 20 millions d’euros – s’est gravement blessé au genou à l’entraînement. Les premiers examens suggèrent une rupture des ligaments croisés, une blessure qui contraindra très probablement l’international français à manquer toute la saison 2024/25.

Pour les supporters, c’est une catastrophe. Rongier était censé être le métronome, le leader expérimenté qui apporterait contrôle et qualité à une équipe talentueuse mais irrégulière. Son absence laisse un vide immense au sein de l’équipe et représente une perte financière et sportive considérable pour la saison. Le sentiment d’un désastre imminent s’est accentué.

Haise entre en scène

Franck Haise entre en scène. L’ancien entraîneur de Lens, très respecté et auteur de miracles avec un budget modeste, menant le Sang et Or à deux qualifications européennes consécutives, a été rapidement nommé. Sur le papier, c’est un coup de maître : un entraîneur confirmé, tacticien avisé et reconnu pour son expertise dans le développement des joueurs.

Mais le contexte est délétère. Haise n’est pas accueilli en héros, mais par les protestations furieuses de groupes de supporters influents. Pour eux, le problème ne réside pas dans les compétences de Haise, mais dans celles des hommes qui l’ont nommé. La colère se concentre sur le président Olivier Cloarec et le directeur technique Florian Maurice. Les banderoles déployées au centre d’entraînement étaient sans équivoque : « Cloarec, Maurice, votre incompétence coule le club. Il est temps de partir ! » Leur principale revendication est une refonte complète de la structure décisionnelle.

Haise hérite donc d’une équipe en manque de confiance, privée de sa recrue phare et évoluant dans un stade où la direction est désormais l’ennemie publique numéro un. Sa capacité reconnue à bâtir des groupes soudés et performants sera mise à rude épreuve comme jamais auparavant. Il doit non seulement redresser l’équipe, mais aussi apaiser les tensions entre les supporters et la direction.

Un club à la croisée des chemins

Rennes n’est pas un club en perte de vitesse ; c’est une institution confrontée à une crise existentielle. L’« Enfer », qui terrorisait autrefois les adversaires, reflète désormais le chaos interne : un plan à court terme ruiné, un investissement phare anéanti et des supporters en révolte contre sa direction.

La tâche de Franck Haise est colossale. Il doit être à la fois pompier, thérapeute et magicien. La saison 2024/25, qui avait débuté avec l’espoir de se battre pour une place en Ligue des Champions, est désormais une lutte acharnée pour la stabilité et la crédibilité. Les ruines de Rennes fument encore, et la capacité de Haise à reconstruire sur ses cendres ou à être consumé par les flammes sera le fil conducteur de cette saison. Une chose est sûre : la pression à l’« Enfer » n’a jamais été aussi forte.

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