EXCLUSIF : Le SCO Angers au bord du gouffre ? Transferts refusés, salaires impayés et la trahison d’Abdelli – Le maintien du club en Ligue 1 est-il déjà compromis ?
Il y a quelques semaines à peine, le SCO Angers occupait confortablement la 10e place, avec huit points d’avance sur la place de barragiste, réalisant une saison miraculeuse et défiant toute logique financière. Aujourd’hui, la façade s’effrite. Après un mercato hivernal marqué par un dysfonctionnement sans précédent – avec un transfert si humiliant qu’il a été annulé alors que le joueur s’était déjà entraîné avec ses nouveaux coéquipiers – des sources indiquent que le vestiaire est en pleine révolte. Avec des salaires impayés qui s’accumulent et la « trahison » du capitaine Himad Abdelli au profit de Marseille désormais avérée, la question n’est plus de savoir si Angers se maintiendra en Ligue 1, mais si le club lui-même survivra à la saison.
Le transfert avorté : un club en chute libre
S’il y a bien une image qui illustre le chaos administratif qui règne à Angers SCO, c’est celle de Rémy Labeau-Lascary. L’attaquant du RC Lens avait été officiellement recruté par Angers en début de mois. Il s’était entraîné avec l’équipe et avait été présenté à la presse. Puis, quelques jours plus tard, le club était contraint d’annuler son contrat.
Un communiqué officiel a admis que la DNCG, l’autorité de surveillance financière du football français, avait refusé d’approuver le transfert. Malgré la vente d’Esteban Lepaul à Rennes pour 15 millions d’euros, la masse salariale d’Angers, strictement plafonnée par l’instance dirigeante, ne pouvait tout simplement pas être augmentée. Le même sort a été réservé à Steve Mounié, dont le transfert a également capoté.
Dans n’importe quel autre mercato hivernal, cela aurait été le fond du gouffre. Pour Angers, ce n’était que le début.
L’affaire Abdelli : capitaine, leader, traître ?
Himad Abdelli était censé être différent. L’international algérien de 26 ans, qui a fêté sa 100e apparition sous les couleurs du club en 2025, était le pilier de l’équipe d’Alexandre Dujeux. Lorsque le club lui a proposé une prolongation de contrat en septembre, qui aurait fait de lui le joueur le mieux payé de l’effectif, cela a été perçu comme un geste de fidélité.
Sa réponse fut un refus catégorique, communiqué mi-octobre.
Ce qui a indigné les supporters, ce n’est pas seulement le départ en lui-même, mais la manière dont il s’est déroulé. Abdelli a été écarté du groupe professionnel en janvier, de facto mis à l’écart dès qu’il est devenu évident qu’il ne signerait pas. Malgré l’intérêt du Qatar – où on lui proposait un salaire nettement supérieur – Abdelli a tenu bon pour Marseille, le club que ses parents adoraient et un stade dont il décrivait l’ambiance comme « à vous faire siffler les oreilles » lorsque l’équipe locale marque.
Le 2 février, le transfert a été finalisé. L’OM a déboursé moins de 3 millions d’euros, montant porté à 4 millions avec les bonus, pour un joueur qui était le capitaine d’Angers et son milieu de terrain le plus complet. Pris isolément, c’est une mauvaise affaire. Dans le contexte actuel, avec Abdelli libre de partir gratuitement en juin, il s’agissait d’une vente à la hâte, dictée par la nécessité.
Salaires impayés et effectif au bord du gouffre
En coulisses, la situation est bien plus grave que ne le laissent entendre les déclarations publiques. Si le club a pointé du doigt la crise actuelle des droits TV français comme principale cause, des documents consultés par notre rédaction révèlent un club aux prises avec d’importantes pertes financières. Angers a enregistré des pertes de 5,57 millions d’euros pour la saison 2024-2025, un renversement de situation catastrophique par rapport au bénéfice de 11 millions d’euros réalisé un an plus tôt.
La masse salariale a explosé de 40 %, dépassant les 27 millions d’euros, tandis que les revenus stagnent. Les restrictions imposées par la DNCG durant l’été – notamment le plafonnement des salaires qui a fait capoter le transfert de Labeau à Lascary – ont été partiellement levées en décembre, mais des sources indiquent que ce n’était qu’une illusion. Lorsque l’entraîneur Alexandre Dujeux a déclaré que le recrutement « dépendrait des départs », il ne s’exprimait pas de manière philosophique ; il constatait une réalité brutale.
Plusieurs joueurs n’ont toujours pas perçu leur salaire de décembre. Bien que le club n’ait pas officiellement confirmé ces retards de paiement, l’atmosphère au Stade Raymond Kopa est délétère. Les joueurs à qui l’on avait promis des renforts ont vu partir trois attaquants – Abdelli, Jim Allevinah (à Kasimpasa) et le départ probable de Sidiki Chérif – sans que seuls des joueurs indésirables n’arrivent.
Le fiasco Chérif : une vente record qui n’a jamais eu lieu
L’affaire Sidiki Chérif illustre parfaitement tous les problèmes d’Angers. L’attaquant de 19 ans a réalisé une première moitié de saison « majuscule », attirant l’attention de Crystal Palace, de l’AC Milan et du Paris FC. Un transfert de 25 à 30 millions d’euros avait été évoqué, ce qui aurait pulvérisé le record du club et résolu tous ses problèmes financiers.
Pourtant, Crystal Palace s’est tourné vers Evann Guessand. Chérif, désormais blessé, reste à Angers, sa valeur chutant de semaine en semaine. Les 15 millions d’euros récoltés grâce à la vente de Lepaul n’ont visiblement pas été réinvestis. Allevinah, qui n’a disputé que six matchs cette saison, a été prêté à la Turquie. Lilian Raolisoa, courtisé par le Genoa, pourrait bien le suivre.
Conséquence ? Angers a affaibli un effectif qui possédait la quatrième pire attaque de Ligue 1, avec seulement 20 buts marqués cette saison.
Le maintien : une illusion mathématique ?
Statistiquement, la situation n’est pas encore désespérée. Angers possède neuf points d’avance sur la zone de relégation. Mais les chiffres ne reflètent pas la dynamique actuelle.

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