GUY ROUX S’EN PREND À SA PROPRE DIRECTION : « VENDEUR DE VOITURES » — LA GUERRE INTERNE ÉCLATE À L’AJA !
L’ancien entraîneur légendaire a publiquement déclaré que son directeur sportif était incompétent et qu’il devrait être limogé, déclenchant une violente querelle qui menace désormais de déchirer le club historique.
La crise à l’AJ Auxerre a dégénéré en conflit ouvert. Guy Roux, l’icône de 78 ans qui a fait passer le club de l’anonymat au titre de champion de France, s’est lancé dans une attaque verbale sans précédent contre son directeur sportif, David Wantier, le qualifiant de simple « vendeur de voitures » dont la présence affaiblit « infiniment le club ».
L’étincelle a jailli fin janvier lorsque Roux, toujours une figure influente et représentant des actionnaires minoritaires, a accordé une interview incendiaire à L’Est Éclair. Sa cible était sans équivoque :
« Ce Monsieur Wantier était vendeur de voitures. Il n’a jamais joué au football. Cela ne me dérange pas, mais l’AJA serait infiniment plus forte si ce type n’était plus là. »
Cette pique, assimilée à un « vendeur de voitures », était calculée pour anéantir. Elle dépeint le directeur sportif non seulement comme incompétent, mais aussi comme un intrus – un imposteur commercial qui n’a pas sa place à la direction technique d’un club bâti sur l’intelligence footballistique. Roux, qui a entraîné Auxerre pendant quarante ans, ne critiquait pas de l’extérieur ; il frappait de l’intérieur même du pouvoir au sein du club.
WANTIER RÉPOND : « JE CHOISIS DE NE PAS L’ÉCOUTER »
Pendant des semaines, Wantier est resté silencieux. Lorsqu’il a finalement répondu dans L’Équipe cette semaine, il n’a pas reculé – il a contre-attaqué.
Wantier, 53 ans, a répliqué avec un mépris calculé et une réplique cinglante :
« Je le respecte. Mais comme il a toujours dit qu’il ne parlerait pas de l’équipe professionnelle, quand il le fait, je ne l’écoute pas. De plus, il a fait beaucoup de déclarations maladroites récemment.»
Cette allusion à des « déclarations maladroites » est en soi une attaque. Wantier faisait référence à d’autres propos tenus par Roux lors de la même interview : des remarques sur le football féminin qui ont depuis été qualifiées de « misogynes » et de « ménopausiques » par les médias internationaux.
Roux avait déclaré que les femmes « sont faites pour accoucher, avec des hanches plus larges », et que « le football n’est pas fait pour les hanches larges ». Il a remis en question le spectacle des matchs féminins, évoquant des affluences de « 800 spectateurs ». En liant sa défense à cette polémique, Wantier présente subtilement Roux comme non seulement dépassé, mais aussi insignifiant.
UN CLUB EN PLEINE ÉRIGÉ : PAPIN EMPÊCHÉ DE PARTIR DE L’ENFER
Cette guerre intestine n’est pas un cas isolé. Auxerre, 19e de Ligue 2 et menacé de relégation en National, est une poudrière.
Le conflit Roux-Wantier constitue le second front. Le premier, encore latent, concerne Jean-Pierre Papin. Le Ballon d’Or 1991 s’était vu promettre un triple rôle : entraîneur, directeur sportif et ambassadeur, négocié directement avec les propriétaires chinois, ORG Packaging. Roux s’opposa à la partie entraînement, la jugeant « inappropriée ».
La réaction de Papin fut explosive. Dans une publication Facebook depuis supprimée, il s’en est pris avec une violence personnelle à la légende de 78 ans :
« Tu m’insultes et tu parles de moi de façon mensongère et humiliante dans les médias presque tous les jours… Devrions-nous parler de l’équipe que tu m’as laissée à Lens ? De ton salaire de l’époque ? De ton château ? De la catastrophe que je n’ai malheureusement pas pu éviter en te suivant (et ton départ ?) »
Sa conclusion, empruntée à l’ancien président de Lens, Gervais Martel, était cinglante : « Tu me fais pitié.»
LA LUTTE DE POUVOIR : À QUI APPARTIENT L’ÂME D’AUXERRE ?
Au fond, il ne s’agit pas d’un simple conflit de personnalités. C’est une guerre d’identité.
Guy Roux représente le vieil Auxerre : le miracle improbable d’un petit club de province qui a conquis la France grâce à la formation des jeunes et à une intelligence footballistique hors pair. David Wantier représente la nouvelle réalité : une propriété chinoise, un recrutement moderne basé sur les données et un directeur titulaire d’un master en commerce mais n’ayant jamais joué professionnellement.
Wantier, arrivé en novembre 2022, met en avant son bilan : 50 % des titulaires actuels sont issus du centre de formation, contrairement à l’effectif vieillissant et coûteux qu’il a hérité. Il traîne cependant un lourd passé : une condamnation en 2022 pour activité illégale d’agent de joueurs, pour laquelle il a écopé de trois ans de prison avec sursis et d’une amende de 5 000 €. Sa défense est personnelle et singulière : il a eu recours à des assistants sans licence car il suivait une chimiothérapie et « ne pouvait pas voyager ».
Le camp de Roux – les actionnaires minoritaires, les supporters les plus anciens, les puristes – voit en Wantier l’emblème de tous les problèmes rencontrés. L’étiquette de « vendeur de voitures » n’est pas anodine. Elle désigne un homme qui vend, pas qui construit ; qui fait des transactions, pas qui développe.
LES SUPPORTERS PRENDNT PRIORITÉ : « WANTIER DEHORS !»
Les tribunes ont choisi leur cible. Lors du récent match nul 0-0 contre le Paris FC, une banderole est apparue au stade Abbé-Deschamps :
« Wantier DS en théorie, erreurs en pratique, on ne veut plus de toi ici ! »
La réponse de Wantier a été provocatrice. Il a balayé les critiques en ligne d’un revers de main, les qualifiant d’œuvre de personnes « cachées derrière leurs écrans ».
QUE VA-T-IL SE PASSER MAINTENANT ?
Auxerre occupe la 17e place, synonyme de barragiste. L’entraîneur, Christophe Pélissier, est pris entre deux feux.

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