Ratcliffe aux supporters : « Vous avez mal joué, alors je vous vends à bas prix. »
La vente à prix cassés de l’OGC Nice est un aveu brutal d’échec de la part d’un milliardaire qui avait promis la gloire mais n’a offert qu’un désastre.
Sir Jim Ratcliffe, le milliardaire de la pétrochimie et PDG d’INEOS, semble avoir un nouveau message pour les supporters de l’OGC Nice, qui ont longtemps souffert : « Vous avez mal joué, alors je vous vends à bas prix. »
Il y a à peine dix-huit mois, Ratcliffe réclamait plus de 200 millions d’euros pour le club de Ligue 1 qu’il avait racheté en 2019 pour 100 millions d’euros. Aujourd’hui, selon L’Équipe, information confirmée par de nombreuses sources, le prix demandé s’est effondré à environ 50 millions d’euros, soit moins que ce que le Paris Saint-Germain a déboursé pour le jeune espoir Désiré Doué.
Cette dévaluation vertigineuse ressemble moins à une cession stratégique qu’à une vente d’actifs en difficulté. Et pour les supporters qui ont cru au projet ambitieux de Ratcliffe, c’est vécu comme l’ultime trahison.
Un rêve brisé
À son arrivée sur la Côte d’Azur en 2019, Ratcliffe ambitionnait de transformer Nice en un club capable de « rivaliser avec le PSG » et de s’imposer comme un acteur majeur des compétitions européennes. Il disposait des moyens financiers, des ressources et de l’ambition nécessaires. Pendant un bref instant, les supporters ont cru avoir trouvé leur gourou.
Nous voici en janvier 2026 : le rêve est réduit à néant. Nice occupe actuellement la 14e place de Ligue 1, à seulement six points de la zone de relégation, après avoir subi un record de neuf défaites consécutives toutes compétitions confondues entre octobre et décembre 2025. En Europe, l’humiliation est totale : derniers de leur groupe en Ligue Europa avec zéro point en six matchs, 13 buts encaissés et seulement quatre marqués.
L’homme qui promettait de défier le PSG n’a même pas réussi à rivaliser avec les modestes équipes de Ligue Europa.
« Un incompétent » qui a perdu tout intérêt
Solange Claude, présidente du club de supporters niçois, n’a pas mâché ses mots. « Ratcliffe est peut-être un expert en chimie, mais il a prouvé qu’il ne connaît rien au football », a-t-elle déclaré au Sun. « C’est un incompétent. Je comprends la frustration des supporters de Manchester United. Ce qu’il fait à leur club, il l’a déjà fait au nôtre. »
Le plus accablant est sans doute l’aveu même de Ratcliffe : son indifférence. Le milliardaire, qui réside à Monaco, a déjà avoué que les matchs de Nice ne l’enthousiasmaient pas car le niveau est « insuffisant ». Comme l’a amèrement fait remarquer Claude : « À qui la faute ? »
La liste des échecs est longue. Des joueurs clés ont été vendus après la qualification pour l’Europe et n’ont jamais été remplacés de manière satisfaisante. Les dirigeants sportifs se sont succédé : le frère de Ratcliffe, Bob, puis Sir Dave Brailsford, un expert en cyclisme visiblement « dépassé par le football ». Le club est devenu un véritable carrousel de personnel, sans stratégie cohérente.
La confrontation au centre d’entraînement
La colère des supporters a atteint son paroxysme le 1er décembre 2025. Suite à une défaite à Lorient, près de 400 ultras du groupe Populaire Sud ont pris d’assaut le centre d’entraînement. Des joueurs ont été pris à partie, des projectiles ont été lancés. Jérémie Boga et Terem Moffi auraient reçu des coups de pied, des coups de poing et des crachats – tous deux ont par la suite porté plainte.
« Nous sommes devenus les clowns de l’Europe, la risée de tous », a déclaré Claude. « Nous craignons désormais la relégation et, si cela arrivait, ce serait la fin pour nous. »
Une vente à prix cassés
Selon le journaliste Régis Testelin de L’Équipe, l’urgence pour Ratcliffe de se retirer est désormais palpable. L’estimation initiale de 200 millions d’euros a été jugée illusoire par les investisseurs, notamment compte tenu de la crise des droits de diffusion de la Ligue 1 et de la forme catastrophique de Nice. Désormais, INEOS serait disposé à accepter seulement 50 millions d’euros, soit la moitié de la somme déboursée en 2019.
La banque d’investissement Lazard a été chargée de trouver un repreneur, mais la combinaison de contre-performances sportives, de violences entre supporters et d’instabilité financière dans le football français rend la vente du club particulièrement difficile. La fréquentation de l’Allianz Riviera a chuté de 24 000 à environ 22 000 spectateurs, et le club a même réduit la capacité officielle du stade pour masquer les sièges vides.
Le parallèle avec Manchester United
Pour les supporters de Manchester United qui assistent à l’échec de l’expérience niçoise de Ratcliffe, un sentiment de déjà-vu inquiétant se fait jour. Mêmes coupes budgétaires, mêmes changements incessants au sein de la direction, même déconnexion entre le propriétaire milliardaire et la réalité du football. United a terminé à la 15e place, Ruben Amorim a été limogé et les manifestations des supporters se sont intensifiées.
Lors d’un match récent, les supporters de United ont déployé une banderole sur laquelle on pouvait lire : « JIM NE PEUT PAS RÉPARER ÇA ».
Il semblerait qu’il n’ait pas réussi à redresser Nice non plus.
Alors que Ratcliffe baisse drastiquement le prix et quitte précipitamment la Côte d’Azur, le message adressé aux supporters est clair : vous avez mal joué, alors je vous vends à bas prix. La question est maintenant de savoir si un acheteur sera assez fou pour acquérir un club que Ratcliffe lui-même a ruiné avant de l’abandonner.

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