« C’est fini » : Les ultras de l’OGC Nice brisent le silence après l’attaque du centre d’entraînement – et ils ne regrettent rien
La crise à l’OGC Nice a atteint un point de non-retour. Suite à une violente confrontation au cours de laquelle des joueurs ont été agressés physiquement par leurs propres supporters, les groupes ultras du club ont rompu le silence et leur message est sans équivoque. Alors que les stars Terem Moffi et Jérémie Boga ont entamé une procédure judiciaire pour résilier leurs contrats, le collectif de supporters a clairement fait savoir qu’il ne ressentait aucun remords pour ses actes, traçant une ligne rouge entre l’équipe et les tribunes.
La nuit où le club a craqué
L’incident s’est produit dans la nuit du 30 novembre 2025, après la défaite humiliante de Nice (3-1) face à Lorient – la sixième défaite consécutive du club toutes compétitions confondues. Alors que le bus de l’équipe rentrait au centre d’entraînement, boulevard Jean-Luciano, il a été pris à partie par environ 200 à 400 supporters en colère.
Ce qui semblait au départ une manifestation ordinaire a rapidement dégénéré. Les joueurs et le staff ont été pris à partie alors qu’ils tentaient d’entrer dans l’enceinte. Selon des témoins et des sources policières, la situation a dégénéré en affrontements physiques presque immédiatement. Le directeur sportif, Florian Maurice, a été acculé, mais le plus gros des agressions s’est concentré sur deux joueurs en particulier : Jérémie Boga et Terem Moffi.
Des témoignages recueillis sur place indiquent que les joueurs ont non seulement été victimes d’insultes racistes, mais aussi de coups, de coups de pied et de crachats de la part de la foule. Un rapport précise que certains joueurs ont été frappés dans des zones sensibles, notamment à l’aine. Pour Moffi, ancien joueur de Lorient, la colère a été déclenchée par des images le montrant en train de rire avec le président de Lorient après le coup de sifflet final. Boga, quant à lui, avait attisé les tensions quelques semaines auparavant en invitant les supporters marseillais à l’Allianz Riviera avant une lourde défaite 5-1 dans le derby.
Réaction des joueurs : « Nous voulons partir »
Le traumatisme psychologique et physique subi par les joueurs a été immédiat et considérable. Moffi et Boga ont tous deux été immédiatement placés en arrêt maladie. Initialement prévu pour une semaine, cet arrêt a été prolongé à plusieurs reprises, les joueurs étant toujours dans l’incapacité de reprendre l’entraînement.
Le duo a désormais engagé une action en justice contre son employeur. Selon L’Équipe, information confirmée par plusieurs médias français, les joueurs ont saisi la commission judiciaire de la LFP (Ligue de Football Professionnel) afin de demander la résiliation de leurs contrats, qui courent jusqu’en 2027.
Leur argument repose sur un manquement au devoir de vigilance. Les avocats des joueurs invoquent des articles de la Charte du football français qui autorisent la rupture du contrat si l’employeur ne garantit pas un environnement de travail sûr. « Les mesures nécessaires pour assurer leur sécurité n’ont pas été prises par le club », affirme la plainte. Une réunion avec la commission judiciaire de la Ligue est prévue pour examiner le dossier.
Cette situation a attiré l’attention des plus hautes instances gouvernementales. La ministre française des Sports, Marina Ferrari, a rencontré personnellement les joueurs et a condamné les violences avec la plus grande fermeté, déclarant : « Rien ne peut justifier ces actes.»
Déclaration des Ultras : Pas d’excuses
Après les violences, la direction du club – notamment le PDG Fabrice Bocquet, qui a démissionné peu après – s’attendait à une vague de remords de la part des supporters. Au lieu de cela, elle s’est heurtée à la défiance.
Des sources proches des groupes ultras indiquent que ces derniers estiment que leurs actions, bien que violentes, constituaient une purge nécessaire d’une équipe qui, selon eux, a manqué de respect à l’écusson. Bien qu’aucune déclaration officielle d’un groupe ultra spécifique n’ait été diffusée par les médias traditionnels, le sentiment général sur les forums de supporters et dans les discussions locales à Nice est unanime : les supporters en ont assez de ce qu’ils perçoivent comme un esprit mercantile au sein de l’équipe.
Cette position intransigeante se reflète dans l’absence même d’excuses. Pour les ultras, les agressions physiques contre Boga et Moffi n’étaient pas une attaque contre le club, mais contre des joueurs qui, à leurs yeux, avaient déjà « abandonné » sur le terrain. La fraternisation de Boga avec les supporters rivaux et la bonne humeur de Moffi après une défaite étaient perçues comme des trahisons impardonnables.
En refusant de présenter des excuses, les ultras envoient un message glaçant au reste de l’effectif et au nouvel entraîneur, Claude Puel, arrivé en remplacement de Franck Haise, limogé : la performance n’est pas seulement attendue, elle est exigée par l’intimidation.
Conséquences institutionnelles
Le club se retrouve pris en étau entre une crise juridique et une mutinerie de ses supporters. Alors que l’OGC Nice a déposé plainte, affirmant que le club est victime des violences et non l’auteur, la revendication de liberté des joueurs menace de décimer l’équipe.
Si Moffi et Boga obtiennent gain de cause, cela pourrait créer un précédent historique dans le football français, établissant que les clubs peuvent être tenus financièrement et juridiquement responsables des agissements de leurs supporters, même lorsque ces agissements ont lieu en dehors du stade.
Pour l’instant, Nice occupe la 14e place de Ligue 1 et est éliminé de la course aux séries éliminatoires.

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