Fin d’une ère : Waldemar Kita condamné à 5 ans de prison pour délits financiers au FC Nantes

Fin d’une ère : Waldemar Kita condamné à 5 ans de prison pour délits financiers au FC Nantes

Pendant des années, les supporters du FC Nantes ont scandé « Kita dehors ! » depuis les tribunes de la Beaujoire. Aujourd’hui, la justice leur a répondu.

Dans un verdict retentissant rendu ce matin, le Tribunal interrégional spécialisé de Rennes (JIRS) a condamné le président et propriétaire du FC Nantes, Waldemar Kita, à cinq ans de prison pour une longue liste de délits financiers, dont blanchiment d’argent, fraude fiscale aggravée, faux et usage de faux, et exercice illégal de la profession d’agent de joueurs.

Son fils, Franck Kita, qui occupait un poste clé au sein du club, a écopé d’une peine de trois ans avec sursis et d’une interdiction définitive d’exercer toute fonction dans une organisation sportive.

L’affaire, qui a éclaté au grand jour en juin 2023 lors de l’arrestation des deux Kita, connaît enfin son dénouement dramatique. Pendant près de trois ans, les enquêteurs du JIRS ont minutieusement disséqué les transactions de transferts du club, mettant au jour ce que le juge a qualifié de « détournement systémique du cadre réglementaire du football à des fins d’enrichissement personnel ».

Les « transferts douteux » qui ont fait s’écrouler un empire

Le tribunal a examiné des preuves accablantes concernant un réseau de transferts de joueurs suspects, de commissions exorbitantes et d’intermédiaires fictifs. L’enquête s’est concentrée sur la période 2018-2023, durant laquelle l’accusation a soutenu que la famille Kita considérait le FC Nantes non comme une institution historique, mais comme une source de revenus personnelle.

Parmi les principaux éléments présentés lors du procès :

• Activité d’agent illégal : Bien que ne détenant pas de licence FIFA, Waldemar Kita aurait agi de facto comme agent pour plusieurs joueurs transitant par Nantes. Il négociait les commissions directement, court-circuitant les intermédiaires agréés et empochant la différence. • Faux et usage de faux : L’accusation a prouvé que des fonds du club avaient été transférés vers des sociétés écrans offshore liées à la famille Kita, sous couvert de « honoraires de conseil » et de « services de recrutement ». Ces paiements n’ont pas été déclarés au fisc français.

• Blanchiment d’argent : Le réseau complexe de transferts impliquant des intermédiaires peu connus – notamment des marchés d’Europe de l’Est et d’Amérique du Sud – a permis aux Kita de dissimuler l’origine de près de 15 millions d’euros de gains illicites.

« Il ne s’agit pas d’une erreur comptable », a déclaré le procureur principal lors de sa plaidoirie. « C’était un système prémédité et prédateur, conçu pour saigner un club de football à des fins personnelles.»

Les conséquences à La Beaujoire

À l’annonce de la nouvelle ce matin, des centaines de supporters du FC Nantes se sont rassemblés devant le stade de la Beaujoire, célébrant l’événement avec des fumigènes et des chants. Cependant, l’inquiétude est également palpable. Le club fait désormais l’objet d’un examen juridique et financier immédiat.

La Ligue de Football Professionnel (LFP) a déjà publié un communiqué annonçant un audit financier d’urgence. Le FC Nantes risque des sanctions allant d’un retrait massif de points à une relégation administrative en troisième division, s’il ne parvient pas à prouver sa capacité à fonctionner sans le financement de Kita.

Waldemar Kita, 73 ans, a été placé en garde à vue directement à sa sortie du tribunal. Son équipe juridique a annoncé son intention de faire appel du verdict, mais le juge a rejeté toute demande de mise en liberté provisoire, invoquant un « risque sérieux de destruction de preuves et de fuite ».

De sauveur à condamné

Kita a racheté le FC Nantes en 2007, sauvant le club de la liquidation. Pendant un temps, il était perçu comme un dirigeant autoritaire mais efficace. Cependant, son refus d’investir dans l’effectif, ses relations conflictuelles avec les entraîneurs et les rumeurs persistantes de transactions douteuses ont fini par lui aliéner les supporters.

Ironie du sort, c’est la victoire héroïque du club en Coupe de France 2022 – le premier trophée majeur depuis 2001 – qui a attiré une attention indésirable. Les ventes de joueurs et les commissions d’agents perçues suite à cette victoire ont déclenché les premières alertes financières à la Banque de France.

Franck Kita, alors chargé des relations extérieures lors des perquisitions de 2023, a été reconnu coupable de complicité de faux et usage de faux. Il n’ira pas en prison, mais il est radié à vie du football français.

Quel avenir pour les Canaris ?

Le tribunal a nommé un administrateur provisoire pour gérer le club. Pour les supporters, c’est à la fois une victoire et un nouveau départ terrifiant. La « malédiction Kita » est enfin brisée, mais le gouffre financier qu’il a laissé demeure.

Un supporter, brandissant une banderole « Libéré », nous a confié : « Nous voulions justice. Nous l’avons eue. Mais maintenant ? Nous prions pour que le club survive à la sentence. »

Waldemar Kita passera son 74e anniversaire derrière les barreaux, sauf si son appel aboutit. Pour le FC Nantes, la lutte pour éviter la faillite ne fait que commencer.

Nous suivons l’évolution de la situation. Nous mettrons à jour cet article dès que le club publiera sa réaction officielle.

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