Cloué au sol : La peur paralysante qui pourrait retenir Fabien Centonze au FC Nantes

Cloué au sol : La peur paralysante qui pourrait retenir Fabien Centonze au FC Nantes

« Je me suis déjà vu m’écraser », confie le défenseur du FC Nantes, révélant une terreur qui dépasse le simple cadre de l’aéroport et plane sur son avenir professionnel à l’approche du mercato hivernal.

Pour la plupart des footballeurs professionnels, un transfert décisif est un rêve. Pour Fabien Centonze, c’est un cauchemar potentiel. Le latéral droit de 30 ans du FC Nantes cache un secret qui complique son parcours : une peur panique de l’avion, une phobie profonde et handicapante qui influence chacune de ses décisions professionnelles. À l’approche du mercato hivernal, la phobie privée de Centonze se transforme en un paradoxe professionnel : comment un joueur peut-il accéder aux plus grands clubs européens quand la simple idée de monter dans un avion le fait trembler « au point d’avoir des picotements dans les mollets » ?

Les statistiques relatives à ses performances dressent le portrait d’un défenseur compétent : une note WhoScored de 7,42 à son poste naturel d’arrière droit, avec des points forts reconnus en dribble et en tacle. Pourtant, ces chiffres restent abstraits, déconnectés de l’angoisse profonde qui accompagne chaque déplacement en avion, une angoisse qu’il tente d’apaiser en consultant la météo « dès le début de la semaine ».

Anatomie d’une phobie

La peur de Centonze n’est pas un simple malaise, mais une phobie profondément ancrée, remontant à un vol mouvementé vers Ajaccio alors qu’il n’avait que 19 ans. « Je ne me souviens pas exactement du voyage, mais c’était suffisant pour que ça me perturbe un peu », se souvient-il. « Et ça ne m’a jamais quitté.» Cette expérience a cristallisé un état d’hypervigilance permanent en avion.

Son expérience en vol :

• Sensibilité extrême : Il ressent la moindre vibration, celle que ses coéquipiers, imperturbables, ignorent complètement lorsqu’ils jouent aux cartes ou regardent une série. • Manifestations physiques : Crises d’angoisse si intenses que ses jambes tremblent de façon incontrôlable.

• Intrusion psychologique : La peur envahit sa concentration même pendant les matchs ; si le vent ou la pluie se lève sur le terrain, il pense immédiatement aux conditions météorologiques pour son vol retour.

Pour y faire face, Centonze a adopté un mode de vie radical, ancré dans la réalité. Il ne prend pas l’avion pour ses vacances, préférant « tout faire en voiture, à proximité ». Il est notamment connu pour préférer un trajet de sept heures en bus à une heure de vol. La saison dernière, lors d’un déplacement de Nantes à Auxerre, l’entraîneur Antoine Kombouaré lui a proposé une place dans le camion de matériel – une offre que Centonze a acceptée « avec grand plaisir ».

Une fraternité silencieuse dans le football

Centonze tient à préciser qu’il n’est pas un cas isolé. « J’ai rencontré beaucoup de joueurs comme moi, mais qui n’en parlent pas forcément », déclare-t-il, suggérant l’existence d’une fraternité silencieuse au sein du sport. Sa situation rappelle celle de légendes comme Dennis Bergkamp d’Arsenal et fait écho à une histoire édifiante de la NBA.

Royce White, sélectionné au premier tour de la draft 2012, a vu sa prometteuse carrière de basketteur brisée par son incapacité à gérer sa peur de l’avion, notamment lors des longs trajets en Amérique du Nord. Ce précédent reste d’actualité, un rappel brutal de la façon dont une phobie peut compromettre une carrière.

Le mercato 2026 : Un piège qu’il s’est lui-même tendu ?

À l’approche de janvier 2026, la situation professionnelle de Centonze et sa peur panique de l’avion sont sur le point de s’affronter. Son contrat avec le FC Nantes court jusqu’au 30 juin 2027. À 30 ans, il est au sommet de sa forme, apprécié pour sa solidité défensive et sa capacité à contribuer offensivement. Dans un marché normal, un joueur de son calibre dans un club de milieu de tableau de Ligue 1 serait une cible logique pour les équipes des championnats plus relevés en quête de renforts expérimentés.

Cependant, son aérophobie impose de sérieuses limitations géographiques et compétitives à tout transfert potentiel.

• Le carcan national : Un transfert vers un autre club français, accessible par le réseau ferroviaire ou routier français, reste envisageable. Mais cela réduit considérablement ses options et son potentiel de progression.

• Le dilemme européen : Un transfert dans un championnat de premier plan comme la Premier League anglaise, la Liga espagnole ou la Serie A italienne impliquerait des déplacements fréquents et inévitables pour les compétitions européennes et certains matchs à l’extérieur en championnat. Pour Centonze, c’est pratiquement impossible dans sa situation actuelle.

• Le coût psychologique : Même un transfert intéressant en France s’accompagnerait de l’angoisse de participer à une compétition continentale si son nouveau club se qualifiait. Osera-t-il rejoindre un club aux ambitions européennes ?

Cette crainte fait du FC Nantes une prison dorée. Le club et son entraîneur compréhensif, Kombouaré, lui ont témoigné de la bienveillance et de la compassion. Mais cette sécurité est-elle faite au détriment de ses plus grandes ambitions ? La terreur de la stagnation – de voir ses meilleures années s’écouler dans un environnement familier tandis que ses pairs se mesurent à des scènes plus prestigieuses – pourrait devenir une nouvelle peur, plus profonde, à affronter.

Au-delà des gros titres : Le coût humain et professionnel

Le dilemme de Centonze dépasse le simple cadre d’un transfert de joueur. Il met en lumière les défis humains souvent méconnus du sport professionnel, où la santé mentale peut être aussi déterminante que la santé physique.

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