Fin d’une ère, naissance d’une légende : Bernard Serin confirme le rachat total du FC Metz par son « enfant chéri »

Fin d’une ère, naissance d’une légende : Bernard Serin confirme le rachat total du FC Metz par son « enfant chéri »

Depuis des semaines, les rumeurs allaient bon train en Lorraine. Chuchotements dans les tribunes de Saint-Symphorien, tweets énigmatiques de journalistes locaux et silence assourdissant du côté de la direction : tout laissait présager un bouleversement majeur. Aujourd’hui, le silence est rompu.

Lors d’une conférence de presse à huis clos ce matin, le président et propriétaire du FC Metz, Bernard Serin, a annoncé officiellement la finalisation de la vente complète du club. Après près d’une décennie à la tête du club, Serin passe le relais à un nouveau propriétaire, dont le nom n’est plus à présenter en Moselle.

Mesdames et Messieurs, le FC Metz a un nouveau maître. Et il s’appelle Franck Ribéry.

L’ère Serin : une dette de reconnaissance

Soyons clairs : Bernard Serin ne quitte pas le club en mauvais termes. Lorsqu’il a pris les rênes en 2016 après la disparition tragique de Carlo Molinari, le club était au bord de la faillite. Serin, président du tournoi de tennis Moselle Open, n’était pas un homme de football de toujours. Mais il était Mosellan de souche.

Sous sa direction, Metz a construit l’emblématique Centre de Formation Idéal (le centre de formation qui a révélé des joueurs comme Sadio Mané, Pape Matar Sarr et Georges Mikautadze). Serin a guidé le club à travers deux promotions en Ligue 2, des alertes liées au fair-play financier et les montagnes russes émotionnelles de la demi-finale de la Coupe de France 2022.

Mais hier, Serin paraissait fatigué, mais soulagé.

« Je ne suis pas un bâtisseur de dynasties », a déclaré Serin au petit groupe de journalistes présents. « Je suis un gestionnaire. Et un gestionnaire doit savoir quand la maison a besoin d’un nouvel architecte. J’ai cédé 100 % de mes parts à un homme qui représente l’âme, la passion et l’avenir de ce club. Je vous présente Franck Ribéry. »

Pourquoi Franck Ribéry ? Le choix « préféré »

Pendant des semaines, des sondages menés par Le Républicain Lorrain et Metz-Infos ont demandé aux supporters : « Si vous pouviez choisir un ancien joueur pour reprendre le club, qui choisiriez-vous ? » Ribéry a remporté la victoire haut la main, avec plus de 68 % des voix. Ni Pirlo. Ni Beckham. Ni même le héros local, Robert Pirès.

Pourquoi ? Parce que Ribéry est un vrai Metzien.

Si le monde entier se souvient de son passage au Bayern Munich et de ses exploits lors de la Coupe du Monde 2006, les vrais supporters de Metz, eux, se souviennent de la saison 2004-2005. Un Ribéry brut, authentique, mais électrisant, portant une modeste équipe de Metz en Ligue 1 grâce à ses dribbles. Il n’a disputé que 20 matchs de championnat avec Metz, mais son attachement à l’identité ouvrière du club – les aciéries, la ténacité, la combativité – est resté intact.

Depuis sa retraite en 2022, Ribéry a discrètement obtenu son Master Exécutif UEFA en Football. Il a passé les 18 derniers mois à observer les dirigeants du Bayern Munich et de Salernitana, afin d’appréhender les aspects financiers du football. Il attendait ce moment avec impatience.

Les modalités du rachat : une nouvelle philosophie

Serin a confirmé la signature de l’accord mardi matin. Si les détails financiers restent confidentiels, des sources indiquent que Ribéry s’est associé à un groupe d’investissement luxembourgeois spécialisé dans les infrastructures sportives, avec une clause non négociable : Ribéry détient 51 % des droits de vote.

Dans sa première déclaration en tant que propriétaire, Ribéry n’a pas parlé d’argent. Il a parlé d’identité.

« J’ai grandi à Boulogne-sur-Mer. J’ai trouvé ma place à Metz. Ce club m’a appris qu’il ne faut pas de yacht pour rêver, mais un cœur. Ma première action est de tripler le budget du centre de formation. Ma deuxième action ? L’équipe première ne vendra plus jamais un joueur de moins de 20 ans sans clause de rachat. Nous ne sommes pas un supermarché. Nous sommes le FC Metz. »

Ribéry a également confirmé que l’entraîneur actuel, László Bölöni, restera en poste au moins jusqu’en 2026, avec pleine autorité sur les décisions sportives. « Je connais le football sur le terrain », a déclaré Ribéry. « Bölöni le connaît dans l’âme. Nous allons travailler ensemble.»

Quels changements immédiats ?

• Mercato été 2026 : Un budget de 25 millions d’euros, axé sur les jeunes talents francophones de moins de 23 ans.

• Rénovation du stade : La tribune nord de Saint-Symphorien sera rebaptisée « Tribune Ribéry 2004 ». Actionnariat des supporters : 5 % du club seront réservés aux supporters via une coopérative de financement participatif.

Le verdict

Bernard Serin part en héros. Franck Ribéry arrive en légende. À l’ère des fonds souverains et des consortiums anonymes, le FC Metz a fait un choix radical : l’émotion. Que cela se traduise par des trophées ou des luttes pour le maintien, une chose est sûre : les Grenats ne sont plus les petits frères de personne.

Bienvenue à la maison, Franck. La forteresse est à toi.

— Allez les Grenats !

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