Waldemar Kita sort enfin du silence sur une possible vente : « Tout a un prix »
Pendant près de vingt ans, Waldemar Kita a régné en maître incontesté sur la Maison Jaune. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, l’homme d’affaires franco-polonais dirige le FC Nantes d’une main de fer depuis 2007. Mais un vent de changement souffle sur les rives de l’Erdre.
Au terme d’une saison marquée par un bouleversement au niveau de l’encadrement technique, la crainte de la relégation et des relations tendues avec les ultras, le propriétaire de 72 ans a finalement brisé le silence concernant l’avenir du club. Confirmant des mois de spéculations en coulisses, Kita a admis que son aventure à la tête du club pourrait bientôt prendre fin.
« Tout a un prix. »
C’est le message qui émane de l’entourage de Kita, alors que le club se trouve à un tournant décisif. Pour un propriétaire qui a souvent affirmé agir par passion plutôt que par intérêt financier, cette nouvelle position marque un changement de stratégie radical. Des sources proches du dossier indiquent que Kita prépare activement son départ, confronté aux difficultés financières de maintenir un club de Ligue 1 à flot sans les revenus d’un stade moderne ni de la compétition européenne.
La question à 150 millions d’euros
Alors, combien coûte le rachat de l’un des clubs les plus emblématiques de l’histoire française ? Selon certaines sources, Kita ne compte pas brader les Canaris.
Malgré la lutte actuelle du club pour le maintien en Ligue 2, Waldemar Kita a fixé un prix ambitieux. Il demanderait entre 100 et 150 millions d’euros pour céder les rênes de La Beaujoire. Ce prix inclut non seulement l’effectif de l’équipe première, mais aussi le joyau du club : La Jonelière.
Cette estimation n’est pas fantaisiste. Elle tient compte des sommes investies par Kita : plus de 45 millions d’euros injectés l’été dernier pour équilibrer les comptes, portant la dette totale du club envers sa holding à près de 130 millions d’euros. Il veut récupérer son argent, plus une prime pour l’histoire du club.
La période des transferts est ouverte.
Le timing est crucial. L’urgence de vendre s’est accrue précisément parce que la situation sportive est extrêmement précaire. Une relégation en Ligue 2 anéantirait la valeur du club, la faisant potentiellement chuter de 30 % ou plus.
C’est là que l’adage « Tout a un prix » prend tout son sens. Pour rendre le club attractif aux yeux des acheteurs – et assurer sa viabilité financière quelle que soit la division dans laquelle il évoluera la saison prochaine – Kita supervise une refonte majeure de l’effectif.
La stratégie de sortie du milliardaire.
Dans un revirement controversé qui illustre son capitalisme pragmatique, Kita refuse de brader ses stars. Bien au contraire. Ces dernières semaines, le club a prolongé les contrats de jeunes talents comme Tylel Tati (jusqu’en 2030) et Matthis Abline (jusqu’en 2028).
À première vue, cela ressemble à un investissement pour l’avenir. En réalité, il s’agit d’une liquidation. En s’assurant les contrats de Tati et Abline à long terme, Kita a levé l’urgence de les vendre à bas prix. Il prépare une vente aux enchères estivale de grande envergure.
• Le jackpot Tylel Tati : Ce prodige défensif de 18 ans est le joueur le plus convoité de France. Chelsea s’est vu refuser une offre verbale de 30 millions d’euros en janvier. Le Bayern Munich, la Juventus et le PSG sont à l’affût. Le prix demandé par Kita ? 50 millions d’euros. Pas un centime de moins.
• Le facteur Abline : Estimé à environ 40 millions d’euros l’été dernier, sa valeur a fluctué au gré des mauvais résultats de l’équipe, mais Nantes espère obtenir entre 30 et 40 millions d’euros pour l’attaquant.
Si Kita joue bien ses cartes, les ventes de Tati et Abline à elles seules pourraient générer près de 100 millions d’euros cet été – une manne financière qui permettrait au club d’être désendetté et très liquide pour un nouvel acquéreur.
Qui achète ?
Le club est à vendre et les vautours rôdent. Waldemar Kita aurait déjà refusé des offres importantes par le passé, dont une proposition de 62 millions d’euros d’un fonds britannique et une autre de 80 millions d’euros du Collectif Nantais.
Cependant, la donne a changé. Des fonds américains et du Moyen-Orient suivent désormais de près Nantes. La récente offre du groupe BlueCo (propriétaire de Strasbourg et de Chelsea) pour un transfert de 38 millions d’euros incluant Tati et Abline laisse penser que les requins tâtent déjà le terrain.
Un héritage controversé
Alors que Kita s’apprête à prendre sa retraite – peut-être pour se consacrer à ses affaires ou pour faire face à des poursuites judiciaires (le projet de nouveau stade du club a été abandonné suite à une enquête préliminaire sur sa situation fiscale) – il laisse derrière lui des supporters divisés.
Pour certains, il est le sauveur qui a maintenu le club à flot et construit l’un des meilleurs centres d’entraînement d’Europe. Pour d’autres, il est le fossoyeur des ambitions du club, comme l’a décrit le journaliste de RMC Florent Gautreau, évoquant un bilan sportif catastrophique.
Une chose est sûre : Waldemar Kita ne repart pas les mains vides. Dans le football comme dans les affaires, tout – même le FC Nantes – a un prix. Et pour le bon acquéreur, le Jaune et Vert…

Leave a Reply